Editorial : La fraternité à tout prix

Depuis un an maintenant, en France, on voudrait nous faire croire que le débat sur le port du voile intégral est le principal souci de la société française. A propos de ce débat qui nous conduira, avec le projet de loi jusqu’à la mi-septembre - fin du Ramadan -, nous avons envie de dire : "Assez" ou "trop, c’est trop". Tout se passe comme si la crise économique, l'avenir des retraites, la situation extrêmement tendue dans les banlieues, passaient au second plan.

Je fais miens ces propos de Jean Picq, professeur à Sciences-Po Paris : "Il y a ces burqas que nous voulons interdire au nom des principes républicains... il y a aussi cet immense voile que nous jetons sur les cités de banlieues alors qu'elles font partie de la grande Cité que nous appelons la République. (...) Rejeter ou exclure conduit toujours au pire. (...) La peur nourrie par la violence des images et des paroles entretient les passions, incite à ignorer la blessure. Mais une blessure qui n'est pas soignée, peut, si elle devient trop vive, enflammer le corps entier. C'est donc au corps tout entier d'en prendre soin." (La Croix, 4 mai 2010). Comment prenons-nous soin aujourd'hui de nos concitoyens et particulièrement de ceux ou celles pour qui l'avenir semble très dur, quelle que soit leur religion ou leur origine sociale ?

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